|
Le Soudan dénonce la décision de la CPI
Le gouvernement soudanais a accusé la Cour pénale internationale de vouloir compromettre les élections d'avril et le processus de paix avec la rébellion du Darfour, en réexaminant l'accusation de génocide non retenue dans le mandat d'arrêt contre le président Omar el-Béchir.
La chambre d'appel de la CPI a ordonné aux juges de première instance de la Cour de La Haye de réexaminer leur décision de ne pas retenir le génocide dans leur mandat d'arrêt contre le président soudanais.
Ces juges avaient émis le 4 mars 2009 un mandat d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour mais n'avaient pas retenu l'accusation de génocide demandée par le procureur Luis Moreno-Ocampo.
La guerre civile au Darfour a fait, depuis 2003, 300.000 morts selon les estimations de l'ONU, 10.000 d'après Khartoum.
Omar el-Béchir, arrivé au pouvoir le 30 juin 1989 à la faveur d'un coup d'Etat militaire contre le régime démocratiquement élu du Premier ministre Sadek al-Mahdi, affrontera neuf candidats lors de la présidentielle.
Des représentants du gouvernement soudanais et des mouvements rebelles du Darfour tentent actuellement à Doha au Qatar, avec le négociateur de l'Union africaine et de l'ONU, Djibril Bassolé, et les médiateurs qataris de trouver un terrain d'accord pour entamer des négociations de paix.
En réponse au mandat d'arrêt international, le président soudanais s'était lancé dans une diatribe contre le "néo-colonialisme" occidental et avait expulsé 13 ONG internationales actives au Darfour.
Ce mandat ne l'a par ailleurs pas empêché de se rendre dans des pays arabes et africains, mais l'a forcé à renoncer à une visite en Turquie.
|
|