Après les élections :De fortes pressions sur Pascal Todjinou
7 mai 2008 - Au lendemain des élections municipales communales et locales des 20 avril et 1er mai 2008, le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena) Pascal Todjinou doit faire face à deux préoccupations majeures. D’abord les résultats au sujet desquels il est acculé de partout et surtout par le gouvernement qui exerce une pression sur l’institution.
A cela vient s’ajouter la pression des membres des Cea. Le collectif vient de lui adresser une correspondance pour réclamer les dus des agents. Quand on apprend que les membres de la Cena et particulièrement ses deux premiers responsables sont embêtés à longueur de journée par des députés à l’Assemblée nationale, des ministres du gouvernement et des conseillers du chef de l’Etat qui ne cessent d’appeler sur le téléphone portable pour exiger la publication des résultats le 6 mai 2008, date préalablement fixée par l’institution de Pascal Todjinou, on mesure la pression qui pèse sur leur tête. Il ne manque que le chef de l’Etat lui-même Yayi Boni, qui n’a pas encore pensé agir comme ses collaborateurs et ses chantres. Il ne faut pas s’étonner que certains en viennent à comparer le Bénin au Zimbabwe et ordonnent au bureau de la Cena de donner les résultats au plus tard la fin de la semaine. Ce qui est plus déplorable c’est que des collaborateurs du président de la République descendent au siège de la Cena pour tenter de faire croire qu’ils sont en mission pour Yayi Boni qui demande à être informé au fur et à mesure que le dépouillement se déroule. Mieux, lors d’un entretien téléphonique avec le premier vice-président de la Cena, un ministre a dit que le gouvernement a besoin de ces résultats et qu’il n’y avait pas de raisons valables pour qu’on n’ait pas les résultas le 6 mai. 24 heures après, c’est le département de ce ministre qui publie des résultats comme s’il veut se substituer à la Cena. Que représentent ces chiffres qui inondent ce jour les colonnes de la plupart des quotidiens ? Et puis pourquoi ce pressing ? C’est vrai que cela permet à eux tous de montrer au chef de l’Etat de leur apparente détermination et leur implication active dans la publication des résultats, alors qu’en réalité c’est la maladresse et l’ignorance qui se sont généralisées. Malgré cette flambée de pression, les responsables de la Cena ont la tête sur les épaules. Leur credo est tout simple : résister à ces velléités extérieures et garder leur autonomie en faisant un travail sans contestation. La Cena est l’organe chargé de publier les résultats définitifs. Cela appelle de sa part la sérénité et la clairvoyance et non la précipitation. Contrairement aux élections précédentes, cette Cena doit traiter les résultats de deux scrutins, et celui des conseillers de village et de quartier de ville est plus complexe. C’est pourquoi, comme l’a déclaré un responsable de l’institution, mieux vaut prendre tout le temps pour bien faire que de bâcler le travail. « Ce sont les mêmes qui nous marquent à la culotte qui vont nous jeter la pierre si on fait mal.. » a confié cette autorité de la Cena. »
La pression des Cea
La période postélectorale s’annonce agitée et très tumultueuse pour Pascal Todjinou. Le président de la Cena doit affronter une série de problèmes soulevés par les membres des Commissions électorales d’arrondissement (Cea). En effet, le collectif des agents de ces démembrements vient de lui adresser une liste de doléances qui s’expriment en termes de rémunérations. Les revendications à propos du règlement des primes et des avantages des membres Cea qui ont mis à mal le processus électoral sont encore d’actualité après le règlement de nombreuses questions. Tout n’a pas été réglé. Dans un document récapitulatif, le collectif réclame à Pascal Todjinou des frais supplémentaires de travail générés par la prolongation de la durée des Cea. C’est pourquoi, il demande au président de la Cena de faire payer aux agents deux mois de primes pour avoir travaillé durant 30 jours supplémentaires au lieu d’un mois. Ils exigent que les frais de communication fixés à 5000 fcfa pendant toute la durée de leur sollicitation soient réévalués. Une revendication qui leur tient beaucoup à cœur en raison de ce que la tâche n’a pas été facile et qu’ils ont beaucoup utilisé le téléphone pour régler les problèmes urgents. Il y a même eu des agents qui déclarent avoir contracté dans l’exercice de leurs tâches, des dettes auprès des revendeurs de cartes de recharge Gsm et exigent preuves à l’appui, d’être payés. La plate-forme revendicative prend également en compte une doléance relative au paiement du reliquat de déplacement à 16500 Fcfa au lieu de 15.000 Fcfa perçus. Le montant des frais de déplacement accordé aux membres des Ced et Cena suscite la jalousie chez les membres Cea qui s’estiment plus au cœur du processus que les autres acteurs. Par conséquent, ils veulent être autant bien traités. Ils rappellent au chef de l’Etat sa promesse de leur accorder des primes de risque, de sujétion et de rendement évaluées à 500.000 Fcfa par membre Cea. Qu’il nous souvienne que face à leurs menaces de bloquer le processus, ils ont été rencontrés le chef de l’Etat Yayi Boni qui a promis leur concéder ces primes à titre forfaitaire. C’est l’heure de revendiquer tout cela, estiment-ils. La première personne avec qui ils ont affaire, c’est le président de la Cena Pascal Todjinou avant d’espérer rencontrer le locataire de la Marina, rencontre qui figure d’ailleurs sur leur plate-forme revendicative.
Fidèle Nanga