Après les échauffourées du dimanche dernier:Sèmè - Kraké sous haute surveillance policière
7 mai 2008 - La frontière terrestre de Kraké plage est fortement militarisée depuis les affrontements du dimanche dernier à la suite desquels deux personnes ont trouvé la mort. Selon certaines sources policières très crédibles, la situation demeura telle jusqu’à un bon moment.
Tous les attroupements sont strictement interdits à la frontière de Sèmè - Kraké depuis les incidents malheureux du dimanche dernier. Idem pour les réunions politiques et autres. Le cas de la nuit est particulier et la horde des éléments des forces de l’ordre armés jusqu’aux dents ont reçu la consigne d’être désobligeants avec tous ceux qui vont s’entêter. La situation fait suite à un affrontement le dimanche 04 mai 2008. Deux personnes de la même famille et d’origine nigériane d’un village frontalier de la frontière de Sème Kraké ont perdu la vie au cours d’une violente échauffourée qui les a opposé à certains jeunes de la localité et plus précisément des alentours immédiats de l’école primaire Beaurivage. Selon les personnes interrogées hier matin à Sèmè - Kraké, c’est une histoire d’amour qui serait à la base du drame et les parents des victimes seraient venus du village Kouèmè de l’autre côté du Nigeria pour venger leurs deux enfants mortellement atteints. Ils avaient commencé d’abord par détruire dans la journée du lundi 5 Mai les habitations des parents de la fille qui était à l’origine du drame. Plusieurs maisons ont été saccagées en un rien de temps avant que les assaillants ne mettent le cap sur les concessions situées à la plage de Kraké Glogbo pour les détruire. Armés de gourdins, de coupe-coupe et de fusils de chasse, tout cedait devant eux. Les habitants de Sèmè - Kraké couraient dans tous les sens face à eux. C’était la débandade. Les usagers du marché, très bruyant un peu plus tôt, ont abandonné leurs étalages pour sauver leurs têtes.Idem pour les voyageurs, qui allaient dans les deux sens de la frontière. C’était une aubaine pour les badaux qui n’attendaient une situation du genre pour entrer dans la danse. Outre les maisons qui ont été systématiquement mis à sac, les malfrats en ont profité pour voler les cambistes et les autres vendeurs du marché.Quand les populations victimes de Sème-Kraké n’en pouvaient plus, elles avaient décidé de réagir. La situation n’est pas loin d’une guerre civile car beaucoup de personnes sous la menace des vengeurs venus du Nigeria ont fui leur maison. Ils ont trouvé des abris auprès de leurs parents tant à Sèmè, à Porto-Novo qu’à Cotonou. A l’origine de l’incident, la dispute autour d’une fille que deux groupes de jeunes convoitaient. Selon les témoins rencontrés sur le terrain hier, la bagarre s’est éclatée entre deux rivaux qui veulent avoir coûte que coûte et de façon exclusive, la main de la fille qui serait en classe de 5è. Les deux rivaux ont multiplié tout genre d’incidents depuis des jours et la fille a fini par accepter les avances des camps des courtisans venus du Nigeria dans la nuit du dimanche dernier. Les deux amoureux étaient en train de partager quelques bières dans une buvette de Kraké en compagnie des frères du prétendant quand les éléments de l’autre camp ont décidé d’attaquer. La fille, entre-temps dépassée par les hostilités de part et d’autre, aurait sollicité le soutien d’un jeune frère de son amoureux pour la raccompagner à la maison quand la bagarre a commencé. Au moment où le jeune frère du courtisan Nigérian conduisait la fille vers son domicile, quelqu’un lui accéna un coup violent devant l’église protestante méthodiste de Kraké Glogbo du coté de la plage. Informés, les autres sont vite allés à son secours. Leurs adversaires ont rapidement poignardé ce jeune frère qui a rendu âme plus tard. Dans la foulée, les échanges de coups de poing se sont soldés par un autre mort. Après les deux morts, la gendarmerie est intervenue et les populations nigérianes ont dû se replier dans leur village avec les menaces de revenir.
Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)