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EVALUATION SELON L’APPROCHE PAR COMPÉTENCE AU CEP : Les examens blancs révélateurs du malaise
L’évaluation selon l’approche par compétence que les autorités du système éducatif voudraient faire appliquer lors de l’examen du Certificat d’Etudes Primaires pour corriger, prétendent-elles, les imperfections liées à l’application des nouveaux programmes d’études, n’ont pas fini d’inquiéter malgré les déclarations apaisantes des responsables. Même si le flou entoure encore le système d’évaluation qui impose comme maîtrise minimale la règle des 2/3, et celle des ¾, il n’en demeure pas moins que les derniers examens blancs révèlent, lors des corrections, que les niveaux sont si bas qu’il serait illusoire et démagogique de vouloir les redresser en deux semaines. L’application stricte sans état d’âme de ce système sera catastrophique.
Dans les circonscriptions scolaires qui ont fait les derniers examens blancs comme Akpakpa, les corrections ont donné des migraines et des sueurs froides aux correcteurs. En Maths comme en Français, l’application stricte du système d’évaluation révèle qu’il serait suicidaire d’appliquer à la lettre l’arrêté n° 011. Le fait que des autorités des services des examens sont passés sur des médias audiovisuels pour expliquer qu’ils n’avaient jamais parler de 12/20 en six matières sur 8 pour prétendre réussir le CEP, alors que tous les directeurs d’écoles s’en inquiétaient lors de leur formation sur le nouvel arrêté, et qu’on leur enjoignait de préparer les enfants et les parents à ces difficultés, est la preuve qu’elles sont conscientes que le flou qui entoure l’arrêté n° 011avait de quoi inquiéter.La publication des examens blancs dans la presse s’il le faut, transparence pour transparence, permettraient de voir si ce sont les maîtres qui sont responsables ou alors l’imbroglio et les stigmates causés depuis plus de 5ans sur le niveau des enfants. De toutes les manières, quelles que soient les bonnes intentions et la volonté de faire la réforme de l’excellence, en sacrifiant l’avenir des jeunes enfants et en les dégoûtant à jamais de l’école, les mauvais résultats ne seront jamais à l’actif ni de l’enseignant, ni des parents mais du système éducatif que les parents accusent d’avoir été profondément déstabilisé par l’application politique des nouveaux programmes sous l’ancien régime et l’obstination à ne pas donner le temps de faire sa correction complète avant de vouloir justifi r d’une quelconque quête de l’excellence. L’article 19 de l’arrêté N° 11, stipule bien que : « La règle des deux tiers (2/3) et celle des trois quarts (3/4) doivent servir à déterminer la maîtrise minimale d’une compétence à travers une épreuve donnée ».
C’est quoi la maîtrise minimale évaluable par la règle des 2/3 et des ¾? La notion de « la maîtrise minimale» comporte des incompréhensions qu’il faudra éclaircir. Une notion à controverse, aggravée par les déclarations divergentes et transversales des responsables d’école. En tout cas, personne n’accusera l’éducation nationale de tenter de repêcher les enfants au prochain CEP, en refusant la rigidité absurde, alors qu’on a fourni aux enfants un enseignement qui n’a pas été à la hauteur des ambitions de réformes, face à des Npe qui ont été un échec. Mieux vaut redresser la barre de l’enseignement dans les deux ans à venir, en axant la réforme davantage sur la formation des maîtres, une formation différente de ces formations à la sauvette, qu’on a pris l’habitude de donner aux maîtres depuis que les Npe ont fait leur apparition. Durcir les notes pour justifier que l’on a élevé les niveaux alors que l’enseignement a été en deçà de cette excellence déclarée, est une autre absurdité. C’est justement pour corriger les imperfections de ces nouveaux programmes d’étude que le ministère des Enseignements maternel et primaire a organisé durant le premier trimestre de cette année, son mini-forum. Pour sauver les meubles, ce forum a recommandé la prise d’un arrêté. Ce que le ministère a fait à travers la prise de l’arrêté N°011 portant institution et organisation du certificat d’études primaires. Un arrêté qui n’a pas su faciliter la tâche aux enseignants qui se perdent dans son interprétation. Son seul mérite est qu’il a donné le type d’évaluation qui sera appliquée au Cep. La sagesse serait de corriger les épreuves du Cep, non pas pour déclarer tous les enfants réussis à 100% mais pour tenir compte du niveau plafond de maîtrise de chaque épreuve, par la moyenne des enfants testés lors des examens blancs. Ensuite on pourrait dicter le niveau plancher en dessous duquel on peut estimer qu’un enfant n’est pas prêt de passer en classe de 6ième du secondaire. Pour relever le niveau de tels écoliers, il serait souhaitable d’encourager la création de la classe de 7ième qui permettrait de rattraper les insuffisances constatées causés depuis 5 ans en français et en maths. C’est l’avenir de milliers d’enfants que les autorités de l’éducation jouent en mettant en route des réformes.
Date de publication : 07-05-2008
Auteur(s) / source : Didier Houndédou

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