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Prochain remaniement ministériel : Donner le temps au temps
Après les élections communales et municipales des 20 avril et 1er mai 2008, et les grandes tendances issues de ce scrutin, il s’impose pour le président Boni Yayi la nécessité de procéder à un remaniement ministériel et d’opérer une ouverture en direction des autres forces de l’échiquier politique national.
Seulement pour que cet exercice comble les attentes de tous les partenaires politiques du chef de l’Etat et assure à ce dernier la quiétude nécessaire qui lui permettra d’aborder l’échéance des présidentielles de 2011 avec succès, il faudra de part et d’autre éviter toute précipitation porteuse de germes de déstabilisation.
Force est de constater que lors des dernières élections communales et municipales, le peuple en votant dans certaines régions du Bénin pour d’autres listes autres que la Fcbe, a donné un signal fort au président Boni Yayi. Mais la situation que ce dernier de même que ses partenaires politiques devraient éviter, c’est de prendre ce remaniement pour une course contre la montre et opérer des choix qui pourraient se révéler préjudiciables dans l’avenir.
En effet, un remaniement ministériel suppose que des contacts doivent s’établir entre les divers acteurs politiques qui entendent continuer de soutenir le chef de l’Etat pour le reste de son mandat. Peu importe que ces partenaires soient des partisans de la première heure ou non. Ces contacts supposent des discussions et des propositions de personnalités pour occuper les différents postes ministériels.
Et parlant de postes ministériels, il convient de noter qu’ils sont en nombre limité et que le chef de l’Etat tout en affichant une volonté claire d’ouverture se doit de conserver certains portefeuilles dits stratégiques et de procéder à un arbitrage entre diverses entités politiques convoitant les mêmes postes.
Mieux, quand le chef de l’Etat se serait, dans la mesure du possible, entendu avec ses partenaires politiques et que ces derniers auraient donné leur aval pour occuper les postes qui leur auront été accordés au sein de la prochaine équipe gouvernementale, il restera au président Boni Yayi de procéder à une enquête de moralité en ce qui concerne chaque ministrable.
Cette étape pouvant conduire au rejet de certaines candidatures, surtout que dans la formation de son prochain, gouvernement, le chef de l’Etat doit toujours avoir à l’œil le fait qu’il doit toujours rester collé aux aspirations profondes du peuple béninois qui l’a élu à plus de 75% des voix exprimés en avril 2006.
C’est dire que pour le chef de l’Etat et ses partenaires politiques, la précipitation doit être bannie lors de la formation du prochain gouvernement.
Car en définitive, du fait de la situation nationale actuelle caractérisée par une certaine bipolarisation de la classe politique, ce serait préférable pour le chef de l’Etat de garder le statu quo, le temps d’être sûr de son affaire que d’effectuer dans la précipitation un remaniement ministériel avec des groupes politiques qui travailleront en sourdine pour faire imploser le changement à la veille de l’échéance des présidentielles de mars 2011.
Crépin BOSSOU

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