Intenses négociations pour le contrôle des mairies au Bénin
APA-Cotonou (Bénin) A peine les grandes tendances des élections municipales ou communales des 20 avril et 1er mai derniers, connues, les états majors des partis politiques ou alliances politiques en lice pour ces élections ont entamé des négociations pour la désignation des maires et de leurs différents adjoints, au niveau des 77 communes du pays, a constaté APA.
Selon la loi portant organisation de l’administration territoriale au Bénin, le maire et ses adjoints sont élus, par le conseil communal en son sein, au scrutin uninominal secret et à la majorité absolue.
Ainsi pour l’obtention d’une majorité absolue permettant de contrôler le conseil communal ou municipal, les prétendus élus aux conseils communaux ou municipaux et les leaders de leurs formations politiques multiplient les rencontres en vue de la désignation des candidats à positionner ou d’éventuelles alliances à nouer avec d’autres formations politiques.
A cet effet, dans les communes où une seule liste a obtenu la majorité des sièges à pourvoir aucun problème ne se pose pour la désignation du maire et de ses deux adjoints.C’est le cas notamment à Cotonou où la Renaissance du Bénin (RB) règne en maîtresse, Porto Novo où le Parti pour le Renouveau démocratique (PRD) est en position de force et dans les communes des départements du Nord du pays, en l’occurrence Bassila, Gogounou, Bembèrèkè où la Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) règnent en maître absolu des lieux.
Cette situation est loin d’ête la même dans les communes où plusieurs listes se partagent les sièges sans qu’aucune d’elles ne dispose de la majorité absolue
Ainsi, les tractations pour le contrôle de la mairie sont à rude épreuve notamment dans la commune d’Abomey calavi où la Renaissance du Bénin (RB), les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) et le Rassemblement démocratique Mifon se partagent les sièges à pourvoir.
« A Abomey-calavi, la FCBE, jouera tout ce qui est de son pouvoir, pour contrôler la mairie, même s’il faut qu’elle négocie avec d’autres conseillers communaux des autres forces politiques en présence », a confié à APA, Emmanuel Fifonsi, un membre influent de cette grande alliance de partis politiques.
Selon la réforme de l’administration territoriale du Bénin, en vigueur depuis 2002, la décentralisation a un seul niveau, notamment la transformation des 77 anciens sous préfectures en 74 communes ordinaires et à trois à statut particulier (les villes de Cotonou, de Porto-Novo et de Parakou ).
" Ces trois grandes villes du pays bénéficient d’un statut particulier, compte tenu du fait qu’elles ont à la fois une population d’au moins 100 000 habitants et s’étendent de façon continue sur 10 kilomètre carrés au moins et peuvent faire face à leurs dépenses de fonctionnement et d’investissement grâce à leurs ressources " , souligne la même loi.
Selon les dispositions de la loi électorale , les principaux enjeux du processus de la décentralisation sont notamment la promotion de la démocratie à la base et celle du développement local.
A cet effet , sur le plan économique , il revient aux élus locaux de procéder à l’identification des potentialités économiques de la commune et de mettre en valeur celles-ci , en tenant compte des besoins des acteurs .
Sur le plan social , les enjeux sont axés sur la création d’emplois devant permettre de lutter contre la pauvreté et enfin, sur le plan culturel, les élus auront en collaboration avec leurs populations, la mission de faire connaître leur héritage culturel (musique, cuisine, arts, manifestations ).
MT/of/APA 10-05-2008