26-01-2012
PVI, Menaces de l'Unamab et grève des enseignants : 3 dossiers brulants pour démarrer 2012
La nouvelle année qui ne compte que 26 jours commence plutôt mal pour le gouvernement et son chef. En attendant de savoir comment elle va finir, les observateurs retiennent déjà que trois grands dossiers brûlants hantent les nuits du président Boni Yayi.
A peine commencée, l'année 2012 donne beaucoup de soucis au président Boni Yayi. La crise dans le secteur de l'économie maritime, le bras de fer dans le secteur de la Justice entre ministre et magistrats et la paralysie de l'Education nationale sont les trois dossiers majeurs qui animent bien l'actualité nationale.
Le président Boni Yayi a placé son second mandat sous le signe de la Refondation. Un label dont la réussite passe inévitablement par des réformes précises et réfléchies. C'est ainsi que le port de Cotonou est l'un des secteurs qui auront été touchés par les premières réformes. L'instauration d'un guichet unique au port et le programme de vérification des importations ''nouvelle génération'' sont entre autres les réformes opérées dans le secteur.
Calculs personnels
Mais malheureusement, pour des calculs personnels, ces réformes connaissent des sabotages. Mais la détermination et la rigueur du gouvernement et de son chef semblent bien être à la hauteur des défis. En effet, depuis plusieurs jours, les activités portuaires sont au ralenti pour des raisons d'engorgement du port par plus de trois cent cinquante camions gros-porteurs. Après plusieurs rencontres avec les acteurs du port et les membres de son gouvernement, le chef de l'Etat était à l'évidence des faits. Descendu au port de Cotonou dans la journée du mardi 24 janvier 2012, le président Boni Yayi confondu à la vérité du terrain, fait d'anarchie, n'a pu contenir sa déception ; une déception qui ne dit pas son nom. Une prise de décision d'ordre organisationnel et stratégique était donc nécessaire. Après avoir avec l'aide de la garde républicaine dégagé les camions encombrants du port, Boni Yayi a projeté l'instauration d'une autorité de régulation du port en appui à la direction générale. Suivra ensuite le remaniement technique du gouvernement qui demeure à la une de l'actualité nationale. Vu les différentes actions menées et la situation actuelle de la crise, peut-on déjà conclure que le président Boni Yayi vient de ainsi de vider le premier chaud dossier de l'année 2012 ? La réponse reste à venir.
Deuxième dossier non moins chaud qui reste également en bonne place dans l'actualité nationale reste la guéguerre entre le ministre de la Justice et les magistrats du Bénin. Inutile de rappeler les faits, mais faudra t-il le préciser, les magistrats entrés en grève depuis mardi dernier sont décidés à aller jusqu'au bout. Ils exigent des excuses publiques de leur ministre de tutelle ou à défaut le dépôt des charges par cette dernière. Quittant le port, Boni Yayi est donc attendu sur ce second dossier pour lequel trois options sont envisageables. Boni Yayi pourrait rester ferme dans son désaveu en ce qui concerne les propos de son ministre comme il a d'ailleurs commencé par le faire. Une fermeté qui selon nos observateurs pourrait couter le fauteuil du ministre. Dans un autre Schéma, le ministre de la justice serait bien obligé de faire profil bas en présentant ses excuses aux magistrats comme ces derniers l'exigent depuis des semaines. La troisième option et la moins envisageable constitue pour le ministre de la justice de mettre sur tapis des dossiers de corruption qui touchent des magistrats du Bénin. Là dessus, des observateurs par devoir de mémoire rappellent le scabreux dossier des frais de justice criminelle qui a couté leur carrière à trente trois magistrats sur cent, soit plus de 30%. Encore qu'il faudra noter que ce dossier a fait l'objet d'une autorégulation. Toutefois, les magistrats qui sont loin d'être des enfants de cœur affichent leur ferme engagement à restaurer l'image de leur corporation et ne se laisseront donc intimider par quiconque.
Sur un autre plan plutôt social, ce sont les enseignants permanents de l'Etat et contractuels reversés qui ont décidé de faire usage de la grève pour satisfaire une revendication : le relèvement de leur point indiciaire de 25%. L'école béninoise est en souffrance depuis mardi. Les différentes séances de négociation avec les syndicats signataires de la motion de grève ont été vouées à l'échec. En s'en souvient encore, c'est cette même revendication qui, en 2010 a paralysé le secteur de la santé pendant plusieurs mois et il y a lieu ici de demander si c'est le même scénario qui recommence. Connaissant le jusqu'auboutisme dont font montre souvent ces syndicats de l'enseignement, il y a bien des raisons de s'inquiéter pour nos pauvres élèves et écoliers en l'occurrence les candidats. Un troisième goulot d'étranglement donc pour Boni Yayi. A y voir de près, le président Boni Yayi prend bien la mesure de la situation. Reste donc à savoir s'il gardera le même élan que celui du port pour le règlement de ces autres affaires.
Vitali Boton
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