Remplacement de Jean Michel ABIMBOLA par Valentin DJENONTIN : Le remaniement technique était-il nécessaire ?
La crise au Port autonome de Cotonou a eu raison, mardi dernier, du ministre délégué auprès du président de la République chargé de l’Economie maritime, Jean-Michel Abimbola. Il a été muté à la tête du ministère de la culture, de l’alphabétisation, de l’artisanat et du tourisme en lieu et place de Valentin Djènontin qui le remplace à son ancien poste. En somme, un jeu de chaise musicale entre les ministres Abimbola et Djènontin. Mais le remaniement technique intervenu dans un méli-mélo indescriptible après la descente du premier magistrat au port laisse pantois plus d’un. Le chef de l’Etat avait-il réellement besoin de sévir à ce point par rapport à la question de l’engorgement du port ? Le ministre Abimbola n’est-il pas un mouton de sacrifice de plus ? Le ministre Djènontin a-t-il l’expertise nécessaire pour faire mieux que son collègue qu’il remplace ? Les exemples de ministres désavoués, remplacés à cause de leur gestion de certains dossiers sans que après leur départ, grande chose ne bouge véritablement sont légion. Kpédétin, Dossouhoui, Sènou sans oublier les nombreux Dg douanes passés à la trappe sont encore dans les mémoires. D’abord, avec ce qui s’est passé avant-hier au port, il est à se demander sur quelle base le chef de l’Etat nomme ses collaborateurs et quel crédit il leur accorde ? Combien de fois n’ont-ils déjà pas été publiquement désavoués par lui sans qu’ensuite, les résultats escomptés ne soient atteints ? Combien de fois, n’est-il pas allé par lui-même sur le terrain, constater les anomalies et prendre des décisions en lieu et place des directeurs à qui, il a pourtant fait confiance sans que rien ne change après ? C’est dire que rien ne changera sur un coup de baguette magique. Alors, le problème est plus profond que le président ne le pense et ce n’est sans doute pas en changeant les cadres à chaque fois que l’objectif tant souhaité par lui sera atteint. D’ailleurs, à changer les cadres à chaque erreur, il faut craindre un éternel recommencement.
Attendons de voir Djènontin
Certes, en tant que président de la République, il a l’obligation de résultat et des obligations internationales à honorer. Mais, même si des erreurs à quel que niveau que ce soit ont été commises, il est toujours préférable de prendre son temps avant d’aller vers des solutions extrêmes. Car, entre aller lentement, tout en s’assurant de la pérennité des actions et se précipiter pour au finish revenir à la case de départ, le choix est vite fait. Et comme on peut le constater, à remplacer de chauffeur à chaque fois qu’il y a un accident, aucun d’eux n’arrivera finalement à maîtriser ni la route ni la voiture. L’administrateur des hôpitaux Valentin Djènontin a-t-il plus de compétence que son collègue économiste gestionnaire, Jean-Michel Abimbola pour conduire les réformes portuaires ? Réussira-t-il là où son collègue a échoué, quand on sait qu’il sera également accompagné par les mêmes cadres béninois ? Bref, à confondre vitesse et précipitation, au lieu d’adopter une politique qui consiste à s’appuyer sur les erreurs pour aller de l’avant, ce sera, sans aucun doute, les mêmes anomalies qui, à chaque fois, resurgiront.
Ceux qui affirment à tort ou à raison que le président Yayi est un homme pressé ont vu juste. Mais à vouloir parfois danser plus vite que la musique, ne pas laisser les cadres aller à un rythme conséquent, ne pas rechercher autant que possible le consensus, la bonne mesure pour permettre aux réformes de finir avec le temps par s’imposer, j’ai peur qu’on ne finisse par se casser les dents.
C’est dans ce pays, que la lutte contre le retard au service, l’incivisme sur la voie publique, la corruption, le clientélisme a fini, faute de mesures hardies et planifiées, par échouer. Donc, en aucun cas, on ne peut vouloir d’une chose et de son contraire. C’est d’ailleurs bien connu que les réformes prennent du temps et que c’est dans l’ordre normal des choses qu’il y ait des tergiversations au début. La refondation n’est pas quoi qu’on fasse, une affaire de jours. Alors, patience.
26-01-2012, Angelo DOSSOUMOU S.
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