Erosion côtière à Grand-Popo
La mer impose « son diktat » à Gbèkon
La mer avance à grands pas à Gbèkon, un quartier populaire de l’arrondissement de Grand-Popo. Elle impose son diktat et les habitants de cette localité n’ont que leurs yeux pour constater les désastres de l’érosion côtière. En effet, si rien n’est fait, ce quartier des « Xwla » va complètement disparaître en moins de deux ans, vu l’état d’avancement de la mer. Plusieurs maisons sont déjà abandonnées et des villas de certaines personnalités comme celle du garde des sceaux, ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme, Gustave Anani Kassa sont sur la
liste noire. Le constat est déplorable et interpelle les autorités à divers niveaux. Il est désormais clair que ce n’est pas seulement à Cotonou et à Sèmè-Podji que la mer fait des sans abri. Le cas de Grand-Popo est criard et donne matière à réflexion. Le comité interministériel chargé de la lutte contre l’érosion côtière, un comité composé des ministres de l’urbanisme, de l’habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière François Noudégbessi, des mines, de l’énergie et de l’eau, Sacca Lafia, de la défense nationale Issifou Kogui N’Douro, de l’environnement et de la protection de la nature Juliette Biaou Koudénoukpo et de la décentralisation et des collectivités locales Issa Démolé Moko, est invité à descendre à Grand-Popo pour toucher du doigt la réalité.
Car, les populations se sentent lésées, marginalisées et abandonnées à leur sort. S’il est vrai que les ministres Sacca Lafia, François Noudégbessi et Issa Démolé Moko ont rencontré, la semaine dernière, les responsables des exploitants de sable marin pour faire le point des périmètres de dragage du sable lagunaire et inviter les populations à s’en approvisionner, il n’en demeure pas moins qu’ils doivent descendre à Grand-Popo pour rehausser le moral aux habitants de Gbèkon.
Les raisons de l’érosion côtière
La commercialisation du sable bordant la partie côtière, a pris des proportions inquiétantes. L’exploitation frauduleuse du bien public, qu’est le sable marin favorise l’avancée de la mer. Mais cette activité de destruction environnementale ne sera plus qu’un mauvais souvenir dans les tout prochains jours. Car, l’interdiction de l’exploitation du sable marin est le cheval de bataille de ce comité interministériel. Et, l’exploitation du sable lagunaire est l’une des orientations du gouvernement pour lutter contre l’érosion côtière qui participe à la diminution de la superficie de notre pays. Bientôt, malheur à celui qui osera prélever le sable marin qui sera sécurisé par les forces de l’ordre. Même si plus de 1.000 Béninois exploitant frauduleusement le sable marin (dans les carrières de Ekpè à Sèmè-Podji) menacent de marcher sur la présidence de la République pour exprimer de vive voix leurs doléances au Chef de l’Etat, le comité interministériel chargé de la lutte contre l’érosion côtière doit prendre une décision hardie pour arrêter la saignée. Aussi, si les regards des populations des départements du Littoral et de l’Atlantique sont tournés vers l’exploitation du sable lagunaire des périmètres de Kétonou dans l’arrondissement d’Aholougnèmè commune de Sèmè-Podji, à Togbin (Godomey Dêkougbé) et à Akassato dans la commune d’Abomey-Calavi, celles du Mono ne disposent guère de site de dragage. C’est dire donc que le chemin est encore loin pour le gouvernement.
Adrien TCHOMAKOU, 30 septembre 2008