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PAROLE A UNE NOUVELLE GENERATION

Maurille C. Beheton

Mon Appel A La Jeunesse Béninoise

Il me vient de dire parfois sans toutefois trop y penser que Kwame Nkrumah, Thomas Sankara… et bien d’autres encore sont nés trop tôt dans un continent africain qui venait d’une colonisation sans pareille. Mais à présent je dirais plutôt que l’Afrique, en particulier le Benin regorge aujourd’hui de millions de Sankara et Nkrumah, qu’il est inadmissible de continuer à laisser notre vaillant peuple de se faire gérer par des leaders sans foi ni loi, sans visions ni aspiration.

Qu’ils nous souviennent qu’il y a cinquante ans de cela. La jeunesse d’entre temps, à la recherche d'une liberté, mue par un patriotisme infaillible a pu surmonter les difficultés érigées par le colonisateur pour gagner enfin sa liberté, son ‘autonomie’. Ce moment fût une période extraordinaire de solidarité où la jeunesse des années soixante a voulu décider de son destin. Beaucoup parmi nos actuels leaders l’ont vécu. Ils ont été témoins direct. Mais nous jeunes, nous avions vu la suite... Certes nous vivons dans un autre monde à présent. Le Benin en particulier et le monde entier en général n'étaient pas ce qu'on lègue à notre jeunesse dans cet erra du vingtième siècle, loin de là.

L’individualisme, le chacun pour soi, n'avait pas atteint le cœur des hommes comme nous le constatons de nos jours. L'être humain n'était pas culpabilisé dés sa naissance (bon ! il y avait l'Église qui s'en chargeait, mais ce n'était pas généralisé). En faite la différence de ce monde des années soixante était que nos élus avaient encore la maitrise des ‘lois’, des décisions à prendre pour un changement radicale de la vie de leurs populations. Il est clair que beaucoup a été fait en Afrique et dans notre cher pays le Benin en particulier. Mais, quel résultat concret pourrons-nous tirer ? Allons-nous continuer à laisser nos élus décider au nom de la sécurité et du bien être de chacun (parait-il) sans se fier aux besoins réel de nos pauvres populations ? Allons nous encore permettre à nos soit disant ‘décideurs’ de nous dicter au nom de la mondialisation qui commande les grandes finances, la doctrine économique à suivre pour relever l’économie de notre pays atteinte des maladies jusqu'à présent jugées d’incurable telle la « Corruption », le « Népotisme » , la « navigation à vue » ?

De mon point de vue, la jeunesse Béninoise est de plus en plus consciente du rôle qui est la sienne dans le développement du Benin. Je fais partie de ces jeunes béninois qui ont des ambitions pour notre pays qui nous est cher, j’ai en moi comme beaucoup d’autres des idées novatrices. Mais comment puis-je le développer si déjà je n’ai pas le minimum qu’il me faut. Par minimum, j’entends se loger, se vêtir, se nourrir et se soigner. Comment le développer si pour quelques sous notre conscience est bradée au plus offrant que nous suivons bêtement sans réfléchir ? Pensez-vous que dans ces conditions, notre jeunesse puisse scruter des idées dignes d’innovation?

Convenez avec moi que notre jeunesse doit sortir du cercle dans lequel elle s’est enfuie en se créant par elle et pour elle-même un mécanisme d’accompagnement pour que ces talents qui sommeillent en elle s’explosent. Je suis aussi convaincu que le bonheur de notre chers pays part avant tout et surtout de sa jeunesse. Nous devons à mon avis arrêter d’accuser les occidentaux et en particulier nos aînés comme étant nos éternels porte-malheurs. Rien ne pourra jamais changer aussi longtemps que nous n’arriverons pas à nous organiser pour une relève radicale de la classe politique actuelle afin de commencer à bien gérer le peu de ressources qui nous reste pour le bien être de notre population. Le moment est maintenant venu. Oui c’est bien le moment pour nous organiser. Nous avions le devoir de sécuriser un lendemain meilleur pour nous mêmes, nos enfants et nos petits enfants.

Ainsi, mon appel à la jeunesse est avant tout adressé à ces dynausores politiques de notre pays qui nous gouvernent et qui pensent continuer de nous gouverner dans les années à venir au profit de leurs intérêts égoïstes. Pendant un demi-siècle, ils n’ont pas fait quelque chose de concret afin de mériter une fois encore notre confiance.

Maintenant à nous d’agir. Nous sommes pauvres, nous sommes désabusés, voir blasés mais nous ne devons pas baisser les bras. Nous sommes une génération de jeune qui a une vision basée sur une démocratie qui répond aux exigences d’un développement économique et qui tient compte de nos cultures et ressources humaines. Il suffit qu’une bonne poignée d’entre nous s’engage pour cette lutte avec la conscience que tout, absolument tout passe après ce combat patriotique de la libération de notre pays du joug des anciens et nouveaux pilleurs de notre économie, de notre jeunesse, de notre avenir.

Nos ainés ont échoués. Ils ne sont plus à la hauteur de nos attentes. Ils ont peut-être l’excuse que les conditions n’étaient pas réunies afin qu’ils puissent faire mieux. Mais aujourd’hui, nous les jeunes, sommes de plus en plus instruits. Et malgré que les conditions sociales dues aux différents pouvoirs prédateurs ne nous permettent pas d’aller très loin comme on l’aurait souhaité, nous nous organiserons pour aller de l’avant. Nous avons conscience aujourd’hui que nous pouvons nous libérez du joug de l’oppression que nous connaissons depuis des siècles en travaillant avec conviction. Aujourd’hui se révèlent en nous des sentiments patriotiques très forts même si ce n’est pas encore à l’échelle que nous aurions voulu.

Les élections approchent une fois encore et c’est avec tam-tam et tambour que nos voix seront sollicitées car ils savent que la décision finale est dans nos mains. Sans nous, ils ne pourront pas accéder au pouvoir. Mais une fois accéder au pouvoir, c’est toujours sans nous qu’ils gouvernent, c’est toujours sans nous qu’ils pillent notre pays (Avec nous cela ne se passera d’ailleurs pas), c’est toujours en ne pensant pas a cette jeunesse pleine de talents qu’ils se décident de ne pas investir dans notre éducation (L’exemple de nos étudiants qui risquent leurs vie en passant par les fenêtres des amphithéâtres de l’université de Calavi afin de pouvoir suivre les cours en est une bonne illustration de combien la jeunesse est bafouée), dans notre bien être quotidien.

Ne nous laissons pas duper par les promesses qui n’ont jamais étés réalisées depuis notre indépendance en 1960. Notre population a pris cette habitude de voter pour le candidat qui est le plus offrant en monnaie sonnante et trébuchante sans toute fois se soucier des effets néfastes qu’apportera ce pacte signé avec le diable (je veux dire le politicien corrupteur) dans sa vie propre et dans la vie de sa progéniture pour les années à venir, voir des siècles. Notre population a pris l’habitude de voter pour le candidat de sa région sans se soucier si ce candidat à un program de société et de gouvernement qui répondent à ses besoins quotidiens a elle.

Ne reprenons plus nos erreurs commises les années passées. Réveillons nous et prenons des décisions qui nous aiderons à relever le réel défit de l’émergence national.

Telle est notre conviction.

Maurille C. Beheton

mbeheton@gmail.com